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escale à Belfort (Territoire de Belfort)

Il y a des endroits où on imagine mal passer un week-end, voire tout simplement passer. Belfort par exemple : vive l’autoroute Besançon – Mulhouse qui contourne la ville ! C’est oublier un peu vite le vieux proverbe Comtois : t’as tort, Totor, si tu contournes Belfort !

Belfort, la ville, est la capitale du Territoire de Belfort, le département, le plus petit de France et le dernier né, comme son quatre-vingt-dix le laisse penser, qui ne respecte pas l’ordre alphabétique cher à ses voisins franc-comtois et alsaciens.
On raconte sur Belfort des histoires amusantes : chef-lieu d’un territoire, on n’y paierait pas d’impôts, ce qui fait bien marrer les Belfortains, aussi contribuables que vous et moi.
Belfort est plus connue pour son Lion que pour sa douceur de vivre, et c’est un tort, dirait Totor : né de la résistance héroïque de ses habitants, il tourne le dos à ses ennemis, mais continue à veiller sur la ville, désormais tranquille, qui déploie à ses pieds les ruelles agréables de ses quartiers anciens aux murs en grès rouge des Vosges.

C’est l’Enfer à Rochereau !
L’histoire de Belfort est étonnante, vous allez voir …
En 1870, Paris est encerclé par l’Armée prussienne, Napoléon III a capitulé à Sedan, encerclé et affamé, posant la première pierre d’un jeu idiot qui va durer longtemps : l’envahisseur attendu au Nord arrive par l’Est et prend notre armée au dépourvu, qui l’attend la fois suivante à l’Est alors qu’il arrive par le Nord, et ainsi de suite …
Paris est assiégé et Belfort résiste encore, la garnison fait tonner le canon à cinq lieues à la ronde, sous le commandement de l’héroïque lieutenant-colonel Denfert-Rochereau, qui se bat comme un Lion pendant cent trois jours, ce qui conduira Bartholdi, créateur de la statue de la Liberté, à édifier, aux pieds de la Citadelle, un monumental Lion en grès rouge des Vosges, symbole de fermeté, de résistance et de vaillance.
Une réplique de ce Lion, en bronze, trône à Paris, dans le 14ème : voilà pourquoi il y a un lion place Denfert-Rochereau qui, jusqu’en 1863, appartenait à la commune de Montrouge (elle s’appelait auparavant la place d’Enfer, on la retrouve dans Les Misérables).
On en apprend, en Franche-Comté, des choses chouettes sur les places de Paris !
Lorsque la paix est signée, en 1871, la France perd l’Alsace, dont Belfort fait partie, mais pas question de céder la valeureuse Belfort ! Le Territoire intègre alors la Franche-Comté, et la Moselle est donnée aux Prussiens, en échange. On raconte que les frontières du Territoire ont été calculées d’après la portée des canons qui ont soutenu le siège …

Tu me fais skier !
Il ne faut qu’une heure pour chausser les skis au sommet du Ballon des Vosges (1247 mètres), qui a un pied dans quatre départements.
Belfort est une véritable station de sports d’hiver, reliée aux pistes pas le Bus des Neiges, il n’est pas rare d’y croiser, en hiver, des skieurs équipés, les skis sur l’épaule et le forfait en évidence.
Belfort est aussi une ville gourmande : la rivière qui traverse la ville ne s’appelle-t-elle pas la Savoureuse ? On trouve, à Belfort, des truites et des myrtilles, qui, sous le nom de brimbelles, agrémentent les tartes, le Brimbul’, le Belflore et la viande d’agneau, transformée en épaule du Ballon.
On trouve aussi des Facettes, des petits chocolats fourrés et dorés, décorés des monuments et des curiosités du département : où as-tu fourré le chocolat, ma Belfort ?

De l’Art & du cochon
Le Territoire est à cheval sur deux tables, l’Alsacienne et la Franc-comtoise, le baëckeoffe et le Münster s’acoquinent volontiers avec le Vin jaune et le Comté, la saucisse de Montbéliard et la Cancoillotte !
Là-haut, la gastronomie se fait plus rurale, un rien montagnarde, avec les repas marcaires, conçus pour revigorer les trayeurs de vaches qui emmenaient leurs troupeaux dans les hautes-chaumes des Vosges du Sud : tourte de viande, collet de porc fumé, pommes de terre, vin blanc d’Alsace, Münster et tarte aux myrtilles, sans oublier, pour digérer, le petit verre de kirsch.
Belfort, parée de plusieurs musées, est aussi très cultivée.
Tiens, la Donation Maurice Jardot, par exemple : en hommage à Daniel-Henry Kahnweiler, le plus grand marchand de tableaux du XXe siècle, elle présente une centaine d’œuvres prestigieuses de grands peintres modernes, comme Picasso, Léger, Braque, Matisse ou Chagall. Qui imaginerait trouver ici une telle richesse ?
Le Musée d’Art & d’Histoire de la Ville de Belfort, installé tout là-haut dans la forteresse, déploie ses collections dans les galeries militaires …
On se promène avec plaisir entre les façades de la vieille ville, où les bars, restaurants et artisans gourmands sont région. On regrette l’Épicerie du Lion d’Antoine Pérello, véritable Monument qui débordait de merveilles, elle a fermé ses portes en avril : avec ses 173 ans, elle était la plus vieille épicerie de France, elle a été remplacée par un restaurant qui en a gardé le cachet. On termine la soirée à l’Annexe, à l’Angelo ou au Bistrot des Moines (où on sert aussi l’apéro !).
Belfort a la réputation d’une austère ville de garnison, où il n’est pas facile de rigoler tous les jours, mais son petit air martial dissimule mal ses charmes : vous ne regretterez pas d’y avoir fait étape. Merci qui ? Merci Totor !

Infos pratiques

Maison du tourisme de Belfort et de son Territoire, 03 84 55 90 90

Musée d’Art & d’Histoire de la Ville de Belfort, dans le Château, 03 84 54 25 51
Beaux-arts, histoire, traditions populaires et archéologie dans l’enceinte de la Caserne, au cœur des fortifications édifiées par Vauban

Donation Maurice Jardot, 03 84 90 40 70

Musée d’Art, 03 84 22 16 73, 03 84 54 25 51 (collections consacrées aux beaux-arts du XVIe au XXe siècle)

Les évènements à ne pas rater : le Marché aux Puces (le plus grand de l’Est de la France), le premier dimanche du mois de mars à décembre, & les Eurockéennes (festival de rock), le premier week-end de juillet

Carnet d’adresses

Grand Hôtel*** du Tonneau d’Or, 03 84 58 57 56

Hôtel** Vauban, 4, rue du Magasin, 03 84 21 59 37
14 chambres décorées comme des chambres d’amis

Hôtel** Le Saint Christophe, place d’Armes, 03 84 55 88 88
25 chambres en centre-ville à partir de 58 euros

Le centre-ville regorge de bars sympas, essayez par exemple,
place de la République, l’Annexe (03 84 21 63 46) et l’Angelo (03 84 26 66 18),
ou le Bistrot des Moines (rue Dreyfus Schmidt, 03 84 21 86 40)

Le pot-au-feu, 03 84 28 57 84, cuisine traditionnelle & féminine, cadre sympathique, de 15 à 40 euros
Le rond de serviette, 03 84 54 04 62, cuisine traditionnelle, spécialités franc-comtoises, de 20 à 30 euros
L’Ambroisie, 2, 03 84 28 67 00, cuisine du Marché
Au Pied du Lion, 03 84 54 06 95, cuisine traditionnelle & poissons, de 25 à 35 euros
Les 3 maillets, 03 84 28 06 01, honnête brasserie au centre-ville, de 15 à 30 euros
Chez Perello, 03 84 21 37 34, cuisine traditionnelle & lyonnaise à partir de 12,50 euros (une institution)

Aux alentours de Belfort

L’Hostellerie des Remparts, Delle, 03 84 56 32 61, cuisine inspirée, de 27 à 45 euros

L’Escorneil, Meroux, 03 84 56 04 17, cuisine raffinée et originale, de 20 à 40 euros

La Chaumière, au sommet du Ballon, 03 84 29 31 66, cuisine locale et poêlons marcaires roboratifs

Auberge du Ballon d’Alsace, au sommet du Ballon, 03 84 29 31 66, repas marcaires, assiettes montagnardes, choucroutes et tartes aux myrtilles

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